Les infections dangereuses pour maman et bébé


Par Marie-Pierre Gazaille

03 août 2016


       

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Les infections dangereuses pour maman et bébé

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Le danger des infections en cours de grossesse

Bien des infections considérées comme bénignes deviennent très risquées lorsqu'elles menacent les femmes enceintes. Pourquoi ? Simplement parce qu'au cours de la grossesse, particulièrement au premier trimestre, lorsque le fœtus ne dispose pas d'un système immunitaire efficace, l'infection peut lui être transmise et lui causer différentes malformations. Une infection peut se transmettre de la mère au fœtus de trois différentes manières :
  • En traversant la barrière placentaire, ce qui lui permet d'atteindre le sans fœtal;
  • À travers les voies génitales de la femme, soit lors de la grossesse, soit lors de l'accouchement;
  • Par contact direct lorsque le foyer de l'infection se trouve, par exemple, sur l'endomètre, la muqueuse recouvrant la cavité utérine.Le meilleur traitement demeure préventif ; il s'agit de la vaccination, lorsqu'elle est disponible. En cas d'infection lors de la grossesse, un suivi  médical étroit et un traitement antibiotique se révèleront essentiels.
 
La toxoplasmose… Qu'est-ce que c'est ?

La toxoplasmose est une infection bénigne transmise par un parasite, le toxoplasma gondii, qui vit dans la terre et dans les intestins d'animaux, particulièrement le chat. Elle peut donc être contractée en changeant la litière du chat, en faisant du jardinage ou encore en consommant de la viande ou des légumes contaminés. Bien que bénigne, cette maladie révèle dangereuse pour les femmes enceintes qui n'y sont pas immunisées et peut entrainer de lourdes conséquences sur le bébé. En effet, le parasite peut traverser la barrière du placenta et infecter le fœtus, ce qui représente surtout un risque au premier trimestre de la grossesse puisqu'à ce stade, le système immunitaire de bébé n'est pas encore développé.

Lors de la première visite médicale pour le suivi de grossesse, le médecin fera passer un test sanguin à la mère qui permettra d'établir si cette dernière a déjà été en contact avec le parasite. Si tel est le cas, aucun danger pour elle ou pour le bébé puisque son organisme aura développé un anticorps qui l'immunise à vie contre la toxoplasmose. Dans le cas contraire, la femme devra redoubler de prudence et prendre entre autres les mesures suivantes pour éviter d'être contaminée par le parasite :
  • Ne consommer que de la viande bien cuite.
  • Prendre soin de laver les fruits ou les légumes qui pourraient avoir été en contact avec la terre, même si vous vous les procurez au supermarché.
  • Portez des gants pour effectuer les travaux de jardinage ou pour nettoyer vos chaussures qui pourraient avoir été en contact avec de la terre contaminée
  • Évitez de nettoyer la litière du chat
  • Éviter les contacts avec les chats errants puisque les chats vivants à l'extérieur sont plus susceptibles de transmettre le parasite que les chats domestiquesDans le cas où un bilan sanguin révèlerait la présence de ce parasite chez la femme enceinte, le médecin prescrira un traitement antibiotique et surveillera avec attention le développement du fœtus pour éviter toute malformation éventuelle.
 
Les hépatites virales

La transmission de l'hépatite B de la mère à son enfant se produit surtout au cours de l'accouchement ou encore, par l'entremise du lait maternel. Dans ces cas, la sérovaccination (immunisation du fœtus par l'action d'un sérum associé à un vaccin) sera nécessaire et la guérison sera généralement obtenue sans séquelle après une période de 3 à 5 semaines. C'est toutefois lorsque la transmission au bébé se fait durant la grossesse que les risques sont les plus élevés; bien qu'on ne parle pas de risques de malformations, l'hépatite B pourra provoquer une mort in utero ou néonatale de même qu'une naissance prématurée. En cas d'hépatite A, la transmission au fœtus est beaucoup plus rare. Si celle-ci est néanmoins transmise au bébé au cours des deux dernières semaines de grossesse, des gammaglobulines (portion du sérum sanguin contenant majoritairement des anticorps spécifiques) seront injectées au nouveau-né dès sa naissance. Du côté de l'hépatite C, une infection du foie, le virus pourra se transmettre à l'enfant si on trouve la présence d'ARN viral dans le sang de la mère. Dans ce cas, un enfant atteint sur 4 se débarrassera lui-même du virus. Les autres devront bénéficier d'un suivi médical afin d'éviter les complications éventuelles liées à cette infection.
 
La rubéole

Les risques d'une contamination du fœtus par la rubéole sont maximaux lors de la période comprise entre la 6e et la 8e semaine de grossesse. Les conséquences entrainées pas une transmission durant cette période peuvent être très graves : surdité, malformations cardiaques ou au niveau du système nerveux central, etc. En cas d'une infection transmise après le 5e mois de la grossesse, les risques de malformations sont écartés, mais l'enfant souffrira d'une rubéole congénitale; il pourra donc présenter, à la naissance, des atteintes évolutives et contagieuses de nature pulmonaire, cardiaque, sanguine ou osseuse. 

Il importe de mentionner que tous ces risques relatifs à une contamination du fœtus par la rubéole sont facilement évitables, puisque la rubéole est une infection contre laquelle il existe un vaccin.
 
Les dangers de l'herpès

Bien la contamination herpétique de l'enfant lors de la grossesse soit relativement rare, il est essentiel de s'informer des risques d'une telle contamination puisqu'ils sont très sévères : la mortalité chez la moitié des enfants contaminés par l'herpès en cours de grossesse, de même que de graves atteintes neurologiques pour les enfants menés à terme. Les risques de transmission de l'herpès de la mère au fœtus en cours de grossesse diffèrent selon les circonstances et se présentent de la façon suivante :
  • 1 cas sur 10 000 chez les femmes enceintes ne présentant aucun antécédent particulier en lien avec l'herpès;
  • 1 cas sur 1000 en cas d'antécédent d'herpès l'un ou l'autre des deux parents;
  • 2 à 5% en cas d'herpès récurrent avec crise dans la semaine précédant l'accouchement;
  • 75% en cas de crise d'herpès initial survenant dans le mois précédant la naissance.Pour éviter la contamination de l'enfant, on privilégie la césarienne ou l'administration d'aciclovir, un agent antiviral. Dans le cas où le virus de l'herpès serait présent dans le col de l'utérus ou dans les parties génitales externes de la mère dans la semaine précédant l'accouchement, on procédera à l'accouchement par césarienne, ce qui évitera le contact entre le virus et la tête de l'enfant qui pourrait alors être directement contaminé. Suite à l'accouchement, la mère devra respecter un certain nombre de mesures pour éviter la contamination de son bébé, mais pourra toutefois l'allaiter sans danger. En cas de doute de contamination du bébé, l'aciclovir pourra être administré au nouveau-né.
 
La varicelle

Si la varicelle est considérée comme relativement grave et dangereuse pour les femmes enceintes, c'est particulièrement à cause des complications pulmonaires qu'elle peut entrainer. Chez l'enfant, une contamination peut entrainer un avortement tardif, la mort in utero, un accouchement prématuré ou une varicelle néonatale. Comme la contamination peut également se produire lors de l'accouchement, il est déconseillé de mettre au monde un enfant dont la mère se trouve dans la phase aiguë de l'infection. Dans le cas où cette situation se présente, les médecins limiteront les risques de transmission en retardant, au moyen d'un médicament (tocolyse), le moment de l'accouchement.
 
Sida et grossesse

Du côté du sida, trois différents  cas se présentent, selon la séropositivité des deux parents.
  1. L'homme est séropositif, mais la femme est séronégative. Dans ce cas, tant que la femme n'est pas infectée par le VIH, elle ne risque pas de transmettre l'infection à son bébé. Pour concevoir un enfant dans ces circonstances, le sperme du père devra être lavé selon une technique particulière et permettra ensuite une insémination artificielle sans risque de contamination, ni pour la mère, ni pour l'enfant. Il importe, pour éviter toute contamination, d'avoir des relations sexuelles protégées avant ET après la fécondation, tout au long de la grossesse.
  2. La femme est séropositive, mais l'homme est séronégatif. Pour éviter la contamination du père, on procèdera à la fécondation par insémination artificielle de la mère. Une fois la fécondation réussie, le risque de contamination du bébé par la mère est bien présent et se manifeste principalement au moment de l'accouchement ou par l'entremise de l'allaitement. Dans le cas où la mère ne suit pas de traitement antiviral, le bébé a 25% des chances de naître en étant déjà contaminé; ce pourcentage tombe toutefois à 1% seulement si la mère est sous suivi antiviral. Ce suivi devra dont être poursuivi tout au long de la grossesse et éviter d'allaiter. Le nouveau-né recevra aussi un traitement antiviral à la naissance, généralement pour une période de quelques semaines seulement.
  3. Les deux parents sont séropositifs. Dans ce cas, toutes les précautions mentionnées pour les deux cas précédents doivent être appliquées à la lettre : lavage du sperme, insémination artificielle, traitement antiviral de la mère au cours de la grossesse, rapports sexuels protégés et interdiction d'allaiter. Les risques de mettre au monde un enfant contaminé sont alors les mêmes que dans le cas où seule la mère est atteinte.
  4. Il est important de mentionner que si le traitement antiviral pris par la mère protège le bébé d'une éventuelle contamination au VIH, il présente également un certain risque de toxicité. Certains antiviraux seront donc déconseillés et le traitement pourra être adapté ou modifié pour la période gestationnelle afin de limiter les risques pour bébé.
 
La listériose
Causée par un bacille, la listeria monocytogenes, la listériose se contracte par l'alimentation. Les principaux aliments à surveiller sont les fromages à pâte molle, le lait cru les rillettes et pâtés, les poissons crus ou fumés. Outre les vieillards, les femmes enceintes et leur bébé à venir sont les principales cibles de cette infection qui peut entrainer, chez environ la moitié des fœtus, des conséquences graves telles que :
  • la détresse respiratoire à la naissance
  • la méningite
  • la septicémie (infection du sang) néonatale
  • la fausse couche
  • la naissance prématurée
  • la mort in uteroUn traitement antibiotique pour la mère atteinte durant la grossesse limitera les risques de contamination du bébé qui, à son tour, sera soumis à un traitement dès la naissance.

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