L'essentiel sur l'accouchement


Sarah Rioux

Si l’accouchement est un acte naturel que toute mère a su traverser, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un moment éprouvant qui entraîne son lot de craintes et d’insécurité. Voici donc un tour d’horizon du sujet qui devait vous permettre d’arriver au jour J plus confiante et moins craintive…

 

Combien de temps dure un accouchement?

 

Bien que chaque future maman ait entendu certaines femmes de leur entourage leur parler de la durée interminable de leur accouchement, d’autres se vantent au contraire d’avoir donné naissance à bébé en moins de deux heures…  Qu’en est-il réellement?

 

Parlons tout d’abord du terme normal de la grossesse. En moyenne, l’accouchement par voie basse, aussi appelé accouchement naturel, survient entre la 37e et la 41e semaine d’aménorrhée et dure en général entre 6 et 8 heures pour un premier enfant. Pour les grossesses suivantes, on parle davantage d’une durée de 4 à 6 heures. Bien entendu, il s’agit de moyennes; il arrive donc, pour des raisons diverses et variées, qu’un accouchement soit plus court ou, au contraire, bien plus long.

 

Plusieurs signes peuvent permettre à la femme enceinte de savoir que l’accouchement est imminent, et ces derniers devraient vous amener à consulter votre médecin ou votre sage-femme.

 

  • La perte des eaux. C’est l’écoulement du liquide amniotique dans lequel flotte bébé dans le ventre de la mère et qui, durant la grossesse, constitue un milieu stérile.
  • Une perte de sang ou du bouchon muqueux. Il s’agit en fait de l’évacuation de la glaire cervicale qui ferme le col de l’utérus durant la grossesse. 
  • Des contractions douloureuses et qui surviennent régulièrement, environ toutes les 20 minutes.

 

Lors de votre arrivée à l’hôpital ou en maison de naissance, l’infirmière, le médecin ou la sage-femme qui vous prendra en charge procèdera à divers examens tels que la prise de votre tension artérielle, l’analyse de vos urines, un monitoring et une prise de votre température. Un toucher vaginal permettra également de confirmer le début du travail et la venue prochaine de bébé!

 

Quelles sont les phases de l’accouchement?

 

L’accouchement par voie basse est un acte en soi, mais il n’en demeure pas moins qu’il est divisé en trois étapes bien distinctes, soient le travail, le faux travail et le pré-travail.

 

  • Le travail : Le travail constitue le moment où l’accouchement débute réellement. C’est l’apparition des contractions régulières et la dilatation du col de l’utérus qui détermine le début du travail. Les contractions, à ce point de l’accouchement, sont espacées de 5 à 10 minutes et durent chaque fois de 20 à 30 secondes.
  • Le faux travail : Les contractions subies par la femme lors de la véritable période de travail sont différentes des contractions de Braxon-Hicks, aussi connues sous le nom de fausses contractions. Ces dernières, en plus de ne pas être régulières, ne sont pas accompagnées par une modification du col.
  • Le pré-travail : Lorsque ces contractions qui ne sont toujours pas régulières s’accompagnent d’une modification du col, on considère que la femme passe de la période du faux travail à celle du pré-travail.

 

La période de travail, que constitue l’accouchement proprement dit, inclut la dilatation du col, l’expulsion du bébé et la délivrance.

 

Au moment où les contractions se font plus intenses et plus fréquentes, survenant environ toutes les trois minutes, on assiste au raccourcissement du col de l’utérus qui commence à s’ouvrir progressivement. C’est ce que l’on appelle généralement l’effacement du col. Lors de la dilatation, le col passe de 0 à 10 cm d’ouverture, ce qui a comme but de laisser passer bébé lors de son expulsion. Le médecin vous emmènera généralement en salle d’accouchement lorsque vous en serez à une dilatation de 3 cm. Pour la dilatation complète, il faut compter en général de 6 à 8 heures lors d’un premier accouchement.

 

On placera généralement sur le ventre de la femme en voie d’accoucher un monitoring qui permettra de suivre l’évolution des contractions (fréquence, durée, intensité), de même que de surveiller le rythme cardiaque de bébé. La majorité de ces monitorings étant de nos jours mobiles, vous pourrez le traîner avec vous si vous désirez marcher un peu dans les couloirs ou faire divers exercices proposés dans certain hôpitaux. Cela peut contribuer à diminuer les douleurs que vous ressentez, mais également à faire passer le temps un peu plus vite alors que vous êtes en attente de bébé.

 

Si les contractions sont trop fortes et que les conditions le permettent, il vous sera possible à ce moment de demander au médecin anesthésiste de vous administrer la péridurale qui soulagera vos douleurs. 

 

La période d’effacement du col est suivie de la période d’expulsion du bébé. Même si symboliquement, c’est cette phase du travail que l’on imagine lorsque l’on parle d’accouchement, elle ne dure que peu de temps. En effet, la phase d’expulsion ne dure généralement pas plus de 30 minutes. Elle consiste à donner de grandes poussées, appuyées de respirations profondes et synchronisées aux contractions, afin de faire sortir le nouveau-né. Dans le cas où le passage du bébé s’avère particulièrement difficile, le médecin peut utiliser divers instruments tels des forceps ou des ventouses pour aider bébé à sortir ou, encore, pratiquer une épisiotomie qui donnera davantage d’espace pour dégager le nourrisson. 

 

Dès que bébé est né, quelques étapes de soin sont incontournables : on procède à la coupure du cordon ombilical, on enroule bébé dans une serviette et on le pose sur le ventre de sa mère. Dans certains cas, certains autres examens peuvent être jugés nécessaires aussitôt, mais règle générale, vous pouvez, à ce stade, simplement profiter de la présence de bébé que vous attendiez depuis si longtemps.

 

La dernière phase de l’accouchement survient environ 30 minutes après la naissance de bébé et s’appelle la délivrance. Cette phase est constituée de l’expulsion du placenta. Généralement, l’utérus se contracte de nouveau, mais, ne vous inquiétez pas, ces contractions sont bien moins douloureuses que celles nécessaires à l'expulsion du nourrisson. Quelques poussées sont parfois requises pour faire sortir le placenta.

 

Quelles sont les différentes positions possibles de bébé lors de l’accouchement?

 

La présentation du sommet

 

Pour la grande majorité des accouchements, le bébé se présente dans la position la plus favorable à un accouchement sans complications, soit avec la tête fléchie vers le bas. C’est ce que l’on appelle la présentation du sommet. Cette position du bébé est observée dans près de 95 % des accouchements. Elle permet à la tête du bébé de se faire la plus petite possible en fléchissant au maximum. Cela permettra à l’enfant à naître de s’engager au mieux dans le bassin de ma mère, dont la largeur n’est que de 12 cm en moyenne. Ainsi placé, bébé naîtra face au sol.

 

La présentation postérieure 

 

Cette position du bébé est en fait une variation de la présentation du sommet. Le sommet du crâne de bébé est ici placé contre la partie postérieure du bassin de la mère, ce qui empêche la tête de bébé de se fléchir pour se rétrécir adéquatement. Elle arrive donc à l’entrée du bassin avec un diamètre plus grand, ce qui entraîne de fortes douleurs et complique la rotation de la tête vers le haut. Les douleurs occasionnées par cette position de l’enfant sont généralement intenses et ressenties dans le bas du dos.

 

La présentation de la face 

 

Si, lors de l’accouchement, bébé se présente de face, le travail sera davantage délicat, bien qu’il se passe bien dans près de 75 % des cas. Comme la tête de bébé est complètement rejetée vers l’arrière, il est essentiel que le médecin parvienne à tourner le menton de bébé vers l’avant, de manière à ce que le sommet de son crâne puisse passer en premier par le bassin maternel. Si cette manipulation n’est pas possible, il est généralement recommandé de procéder à une césarienne.

 

 

La présentation du front 

 

La présentation du front est considérée comme étant la position la plus défavorable lors de l’accouchement. Puisque la tête n’est ni fléchie, ni vraiment tournée vers l’arrière (comme ce serait le cas pour une présentation du sommet ou une présentation de la face), elle présente un diamètre qui rend impossible son passage par le bassin de la mère. La césarienne s’avère donc la seule solution possible.

 

La présentation du siège 

 

On retrouve cette position dans laquelle le bébé se présente les fesses en bas dans 3 à 4 % des grossesses. Bébé peut être assis en tailleur, on parlera alors d’une position siège complète, ou, encore avoir les jambes tendues sur son tronc, les pieds à la hauteur de la tête. Dans certains cas, il est possible, malgré cette position du bébé, de procéder à un accouchement par voie basse. C’est une échographie qui déterminera si le bassin de la mère est suffisamment large pour laisser passer la tête de bébé. Par cet examen, on peut éviter qu’une fois le corps de bébé expulsé, la tête de bébé ne soit retenue à l’intérieur du corps de la mère.